Les dividendes de la diversité.

On sait que depuis quelques années, la diversité devient un sujet important pour les entreprises, spécialement les grandes.

Philippe Pierre, notre 2ème  intervenant du cycle Valoriser le Capital Humain à Toulouse, est un des spécialistes du sujet : il co-dirige notamment le Master de Management Interculturel de Paris Dauphine.

Voici deux idées, extraites d’une conférence à la fois dense et enrichissante :                                                   

La diversité, concrètement.

Alors DRH d’une des entités internationales d’un groupe leader, il décide de vivre pleinement une expérience de diversité en ressources humaines et lance un recrutement d’une personne handicapée pour être le responsable de la Formation.

Très vite, il reçoit des candidatures très sérieuses et s’intéresse à celle d’un mal-voyant.

Les entretiens se passent bien et notre DRH demande à son candidat s’il souhaite que son handicap soit communiqué au personnel…

Quel handicap? Lui répond le candidat…

L’intégration dans le service et dans l’entreprise se passe bien; il suffit de 15 jours à Louis pour prendre ses marques, se déplacer dans les couloirs, s’orienter dans les bureaux.

Certains salariés trouvent que ce jeune embauché est un peu froid car il ne dit jamais bonjour… sans se douter un seul instant que celui-ci ne peut les voir…

On a toujours tendance à considérer que  les autres doivent avoir la même vision que nous…

Quelques jours plus tard, a lieu une présentation réalisée par l’équipe Formation.

C’est au tour de Louis de faire une présentation au vidéoprojecteur.

L’exposé  s’étant bien passé,  il demande à l’assistance:  » est- ce que vous avez bien vu ?… Parce que moi, je ne vous vois pas… »

 

Logique de l’honneur

Philippe Pierre fait ensuite référence au célèbre ouvrage du chercheur Philippe d’Iribarne, « la logique de l’honneur », qui s’intéresse aux logiques de coopération.

Trois exemples sont évoqués : les Français, les Américains, les Hollandais.

La France est régit par la logique de l’honneur.

L’entreprise est construite comme une pyramide, très hiérarchisée avec ses cadres, ses agents de maitrise, ses employés qui renvoient aux trois ordres qui gouvernaient la France: Noblesse, Clergé,  Tiers-états.

Chaque catégorie a un rôle bien précis : l’efficacité tient au fait que les différentes catégories coopèrent bien ensemble.

« Les devoirs sont fixés par la coutume du groupe professionnel auquel on appartient et non par des objectifs précis définis par un supérieur hiérarchique.

Le responsable français doit avant tout connaître les contours de l’honneur dans les groupes qu’il dirige : « ce que cet honneur accepte et ce qui le blesse« . Ces éléments sont très importants par exemple pour la gestion de la motivation. Il faut « trouver des formes d’incitation telle que personne n’aie le sentiment de perdre son indépendance d’une façon qui le rabaisse à une condition servile« . (Philippe d’Iribarne, La logique de l’honneur)

 Aux Etats-Unis, c’est la logique du contrat qui prédomine : les Américains sont un peuple d’immigrants, qui n’a pas de socle culturel commun: il faut donc un écrit.

Cet écrit a également pour but de limiter la force du puissant.

La troisième façon de coopérer est illustrée par la Hollande.

Historiquement, nous dit Philippe d’Iribarne, le plus grand péril qui touchait les Hollandais était les inondations : de cette peur est né le modèle du consensus: il faut coopérer pour pouvoir survivre.

(Crédit photo de couverture: Témoignage Chrétien)

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